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riches et pauvres





Voici quelques notes sur le processus de recherche et scénarisation de mon idée du court-métrage Garde partagée.

Le personnage principal est un garçon de 10 ans dont le père est pauvre et la mère est riche. Le garçon passe une semaine chez son père et une semaine chez sa mère.

Pour lui, les deux mondes sont familiers. Il ne sait pas que ces deux milieux sont séparés pour la majorité des gens, et presque personne ne peut passer librement entre les deux.


C’est la réalité des classes sociales, et c’est le principe même pour n’importe quel groupe d’humains.


Qu’on soit dentiste, artiste, boucher; un campagnard, un urbain; un universitaire, un manuel: on évolue dans un cercle homogène, entouré par des gens qui nous sont semblables. Mais surtout, on reste coupé des autres cercles, par la force des choses.


C’est comme si toute la diversité des milieux de vie, toute la complexité du monde était trop pour chacun de nous. On ne vit que dans un seul quartier, un seul appartement, dans une seule rue. On n’a en général qu’un seul métier ou on s’intéresse à un seul domaine professionnel.

Même si on est libre d’explorer les autres façons de vivre et de faire, de facto, la plupart des gens reste dans son cercle. Surtout si on est satisfait par son travail et son milieu de vie.


La mobilité sociale est causée par le désir d’améliorer son destin, par la volonté de changement. Le glissement vers la pauvreté est un enchaînement des circonstances de la vie, mais jamais un projet délibéré. Tout ça pour dire qu’une telle chose comme curiosité sociale n’existe pas, on dirait.


Mais un enfant ne sait pas encore ça. Pour lui, tout semble possible. Il pense à son avenir comme étant grand, libre, une page blanche qu’il est libre de gribouiller avec son génie comme le bon lui semble. Quand il déclare qu’il sera astronaute, Dieu sait, il ignore à quel point c’est un cheminement particulier et spécialisé qui s’étale sur plus d’une décennie; et à quel point c’est différent du cheminement d’un pompier, alors qu’il hésite entre ces deux voies! :)


Une petite parenthèse personnelle sur la question des riches et des pauvres.

J’ai grandi dans l’Union soviétique, où, comme on sait si bien, tout le monde était égal, même si certains étaient plus égaux que d’autres. N’empêche que je vivais dans les années 80 dans un monde momentanément assez égalitaire (ce monde n’existe plus ces 40 ans plus tard où on se parle), surtout que cette égalité était un but proclamé de l’état.


Peut-être de façon superficielle, nous étions égaux. En tout cas, notre vie était également pénible. On habitait dans les mêmes appartements, dans les mêmes quartiers, qu’on fût professeur universitaire ou balayeur de la rue. On achetait la même nourriture dans les mêmes boulangeries et épiceries, en faisant l’interminable file dans les mêmes conditions.


Pour résoudre la pénurie du logement après la Révolution, les grands appartements bourgeois étaient divisés en collocations pour plusieurs familles. J’avais des amis qui vivaient avec leurs parents dans une des 10 pièces anciennement appartenant - avant la Révolution - à leurs arrière-grands-parents. Oui, ils vivaient dans une ancienne villa dans un quartier historique de Moscou, mais une villa qui ressemblait à une maison hantée, jamais entretenue par la ville, avec des rats et des souris. Et 4 autres familles occupaient les autres pièces. Une seule salle de bain était partagée par tous.


Donc il y avait des habitations de meilleure et de moins bonne qualité, mais grosso modo, les différences n’étaient pas si énormes, surtout qu’absolument tous les appartements se trouvaient sur les mêmes rues de Moscou, crades et mal éclairées, pleines de déchets et de flaques d’eau et de boue. Et que absolument tous les citoyens, apparatchiks privilégiés ou pas, devaient se côtoyer dans le même métro, dans les mêmes bus. Tous les enfants allaient dans les mêmes écoles publiques, et dans les mêmes universités publiques. Je crois qu’on s’est approché pas mal d’une société très égalitaire, sur fond, malheureusement, de Goulags et autre dictature politique.


Tout ça pour dire que les classes sociales ici et aujourd’hui, en Occident, au Québec, m’intriguent.


Donc, ce garçon. Connaissez-vous quelqu’un dans sa situation? Avez-vous vécu une expérience marquante en dehors de votre cercle social? Connaissez-vous des parents dépareillés socialement?


Je vous reviens bientôt avec quelques recherches.




4 commentaires

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4 comentarios


lcmichaud93
lcmichaud93
19 nov 2021

Je trouve l'idée très intéressante! C'est un sujet d'actualité qui rejoins tout le monde.

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Mais qu'en dis-tu sur la situation des couches sociales au Québec? Sur les classes sociales? Pourquoi je n'entends jamais parler de ça, est-ce que c'est un sujet tabou? Est-ce que le vocabulaire est différent? Selon la suggestion d'une amie, il s'agirait des «populations privilégiées» lorsqu'on parle des classes supérieures. Est-ce que la classe ouvrière existe au Québec? Une classe = culture, mentalité. Donc je ne parle pas des salaires, mais bel et bien des couches sociales avec leur propre culture où le revenu n'est qu'un des indicateurs. Voilà ce qui est intriguant pour moi. En Europe (pas en Russie, mais en France, mettons), cette situation des classes s'est formée il y a bien longtemps et on voit bien les divisions…

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Lau
Lau
01 nov 2021

Ta parenthèse personnelle sur les riches et les pauvres et ton enfance est fascinante. Je voudrais en entendre parler encore et encore

Voici la mienne J’ai déjà vécu des moments dans ma préadolescence où j’étais parachutée dans une autre classe sociale momentanément et j'ai noté les impressions suivantes. Peut-être que ça peut faire écho à ton projet.

- Le calcul, des réflexions que je me faisais quand j’étais invitée dans une classe sociale plus élevée, par exemple : « Si on était restés à la maison au lieu d’aller dans ce restaurant chic, j’aurais pu m’acheter des verres de contact. Si on avait économisé, ... »

- La nécessité d’avoir l’air nonchalant par rapport à l’argent, alors que l’argent…


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André Cotte
André Cotte
11 jul 2022
Contestando a

Il y aurait probablement des parallèles à faire avec les gens qui passent d'une culture à l'autre, les gens de la diversité. C'est quoi pour enfants d'origine haïtienne de se retrouver invité dans une famille québécoise? Un bon filon là aussi!

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