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Un premier traitement



Voici un premier traitement pour "La violoniste du métro" (titre de travail), mais il manque la fin! Si vous pouviez m'aider à la trouver, ce serait sympa.
En écriture cinématographique, le traitement est le développement d’un synopsis.

La violoniste du métro - traitement

Une jeune femme portant un hoodie imperméable, une écharpe mauve, et un étui à violon, se laisse bercer par les mouvements du bus 189 qui l'amène à la station Honoré-Beaugrand, depuis Pointe-aux-Trembles. Autour d'elle, les voyageurs du matin sont enfermés dans leurs bulles, la plupart caressant l'écran de leur smartphone, les oreilles bouchées de petits écouteurs gazouillants.


Elle les observe, ces gens, qui sont-ils? Où vont-ils?


Un homme de couleur croise son regard. Une chaleur lui monte du cœur jusqu'aux oreilles. La jeune femme détourne le regard et fixe la ville grise qui défile dehors. Sa main s'attarde à l'étui de l'instrument, elle effleure le cuir usé, fait tourner la ganse entre ses doigts. Elle respire profondément. Elle se calme. Elle lève les yeux. Personne ne la regarde. C'est bien.


Devant la sortie du métro Place des Arts, sur Bleury, la jeune femme installe un pied qui fait office de lutrin métallique et y attache une partition plastifiée. À intervalle régulier, les portes de la station ouvrent et laissent sortir une foule de travailleurs empressés. La jeune femme sort son violon, laisse l'étui ouvert devant elle, et se met à jouer.


C'est un air lent, majestueux mais fragile, qu'elle joue en fermant les yeux, en laissant la musique l'emplir. Les gens passent sans s'arrêter, sans la remarquer, trop captivés par leur routine ou leurs écrans, qu'ils consultent souvent même en marchant.


La musique frêle suit la danse des doigts et des mains agiles de la jeune fille. Le bois vernis du violon s'anime de reflets, le crin de l'archet vibre et s'effiloche encore un peu.


La jeune femme termine le morceau et ouvre lentement les yeux. La foule passe toujours devant elle sans la voir. Elle dresse un second pied, celui-ci monté d'un selfie-stick et d'un micro. Elle y installe son téléphone. À l'un des boutons du pied, elle accroche un gros code QR. Elle se replace devant le téléphone, et sourit.


Vu du téléphone: "Bonjour. Je m'appelle Victoria. Mais ma mère m'appelle Vicky." Personne ne la remarque sauf un jeune homme roux qui lève un moment les yeux de son téléphone et passe aussitôt son chemin.


Vu du téléphone: "Je suis à la Place des Arts à Montréal, et je vais vous jouer mon plus récent morceau. Si vous aimez, oubliez pas de partager et de liker. Merci." La jeune femme empoigne son violon et se met à jouer un air fougueux, un air viscéral, un air qui fait vibrer l'âme.


Le morceau compte plusieurs mouvements, tantôt rythmiques, tantôt mélodiques, tantôt frénétiques. Dans le téléphone, les like et les cœurs commencent à pétiller. Les commentaires élogieux et enthousiastes se multiplient. Une jeune Indienne danse sur l'air de violon, puis une Allemande ajoute des vocalises, puis une Texane un rythme de bottes, tous s'approprient la musique et jamment dessus. Dans la noirceur d'un centre de serveurs, les tours alignées par centaines font clignoter leurs voyants LED.


Devant la station, certains passants se sont arrêtés. Soit pour scanner le code QR, pour filmer la performance ou pour se prendre en selfie devant la jeune femme en transe. Le code QR mène à la diffusion en direct sur Tik Tok de la performance. Les gens s'étonnent. La jeune violoniste a plus de 20k abonnés.


La musicienne se perd dans sa musique, elle n'existe que pour la performance et la caméra de son téléphone. Ses doigts volent sur le manche et sur les cordes, l'archet danse comme un dément, la finale du morceau est un passage technique extrêmement périlleux. La jeune femme enchaîne les dernières mesures en un effort suprême et se relâche enfin. La foule applaudit en ordre dispersé.


Elle se rend compte de l'attention qu'elle a gagné et se referme sur elle-même comme une huître. Certains la filment encore, d'autres la complimentent ou veulent prendre un selfie avec elle. Elle éteint vite son téléphone et replie le pied, en évitant de croiser leurs regards. Elle s'assoit par terre, devant son étui toujours vide. Les gens se dispersent.


Enfin seule, la jeune femme regarde sa performance dans son téléphone et revoit les like et les cœurs pétiller. Elle sourit. Elle lit les commentaires et suit quelques liens qui la mènent à quelques danseurs, puis à un autre violoniste: un Japonais de dix ans. Debout dans un appartement luxueux, avec Tokyo en arrière-plan, il s'exécute avec une virtuosité surnaturelle. Il a 2M d'abonnés. Le sourire de la jeune femme s'efface.


"Attends, j'ai d'la misère, ça s'en vient." Une vieille dame aux doigts crochus tente d'extraire quelques pièces d'un petit porte-monnaie. "Tiens, je les laisse tomber, je peux pas me pencher si bas..." 50¢ tombent dans l'étui de violon. La jeune femme les ramasse soigneusement. "Je te donnerais ben plus, mais avec ma pension... Il me reste pas grand chose à la fin du mois!" Le regard de la dame est rieur. "Tu joues vraiment bien pour ton âge..."


Et c'est ici que vous intervenez!

Je viens tout juste d'avoir l'idée de cette vieille dame qui arrive à la fin. Et je suis encore à me demander ce qu'il arrivera entre ces deux personnages. La vieille dame était-elle chanteuse à son époque? Pourraient-elles faire équipe? La jeune fille est asociale, elle a du mal à être à l'aise en personne, pourquoi? Et est-ce que cette dame pourrait l'aider?


Aussi, la jeune femme voit en Tik Tok la manière la plus évidente de prospérer avec son art. Mais la dame, elle, ne voit ou n'entend que la musique. Le talent...


Bref, je cherche encore la finale de ce film, et les motivations profondes de la jeune violoniste. Si vous voulez bien me donner vos impressions et commentaires, ce serait génial!


Et pour ceux qui ne connaissent pas le projet Zeitgeist, pour lequel j'écris ce film, allez voir le pitch et explorez le site! Et si vous avez des questions, cliquez sur la bulle de chat à droite, et vous pourrez nous les poser directement.

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